Une nouvelle lecture de l’endurance, des années 70 aux années 2020
Contrairement au Le Mans Classic traditionnel qui honore les voitures d’avant 1979, cette nouvelle édition élargit considérablement la fenêtre historique. Le Mans Classic Legend se concentre sur les machines engagées entre les années 1970 et 2020, articulées autour de cinq plateaux thématiques qui retracent les grandes évolutions techniques et stylistiques de la discipline.
C’est une proposition ambitieuse, qui permettra aux passionnés de voir côte à côte des Groupe C des années 80, des hypercars GT des années 90 et des prototypes LMP du début des années 2000. Un panorama complet, sur une seule et même piste.
Cinq plateaux, cinquante ans d’histoire mécanique
Le Plateau 6 (Protos 1972–1981 / GT 1975–1984) ouvre le bal avec une époque charnière de l’endurance. Les prototypes y évoluent rapidement, portés par l’aérodynamique et les premiers moteurs turbo, tandis que les GT voient s’imposer des icônes comme la Porsche 935 ou la Ferrari 512 BB LM. Une Porsche 924 GTP d’usine, une Ferrari 512 BBLM et une Ford Gran Torino, la voiture de NASCAR qui s’était alignée au Mans en 1976 figureront parmi les engagés. Un plateau qui rappelle également que Jean Rondeau reste à ce jour le seul pilote à avoir remporté les 24 Heures au volant d’une voiture portant son propre nom, en 1980.
Le Plateau 7 (Groupe C 1982–1993) rend hommage à l’une des périodes les plus populaires auprès des aficionados de la discipline. Le règlement Groupe C, basé sur la consommation plutôt que sur la puissance brute, a engendré une innovation spectaculaire. Porsche domine avec ses 956 et 962, avant l’émergence de Jaguar, Sauber-Mercedes, Nissan, Toyota et Peugeot. La victoire de Mazda en 1991, avec son unique moteur rotatif vainqueur au Mans, restera l’un des moments les plus singuliers de l’histoire de la course. Au programme des engagés : une Nissan R90CK, une Porsche 962 C et une March 85G victorieuse en catégorie IMSA GTP en 1986.
Le Plateau 8 (Protos & GT 1994–1999) incarne la période de renaissance des GT au plus haut niveau. McLaren, Porsche, Mercedes, Toyota : ces noms seuls suffisent à résumer l’intensité de la décennie. Une McLaren F1 GTR prendra le départ, pilotée par Emmanuel Collard, aux côtés d’une Panoz LMP1 Roadster S et d’une Courage C52.
Le Plateau 9 (Protos 2000–2005 / GT 2000–2010) marque l’avènement de la domination Audi avec ses R8, une page d’histoire en elle-même. Les catégories GT1 et GT2 voient alors s’affronter des machines comme la Ferrari 550 Maranello, la Corvette C6.R ou l’Aston Martin DBR9. Une Pescarolo C60, une Audi R8 LMP et une Dome S101 sont d’ores et déjà inscrites.
Le Plateau 10 (LMP1 2006–2012 / LMP2 2006–2015 / GTE 2011–2020) conclut ce voyage dans le temps avec la grande période de rivalité Audi-Peugeot, les débuts du diesel en LMP1 et l’essor des prototypes privés en LMP2. Une Peugeot 908, une Lotus Evora GTE, une Lola Aston Martin DBR1 et une Porsche RS Spyder sont attendues sur la grille.
Quatre courses support pour compléter le programme
En marge des cinq plateaux principaux, le week-end sera enrichi par quatre courses support aux identités bien distinctes.
La Porsche Classic Cup réunira des modèles iconiques allant de la 944 Turbo Cup à la 996 GT3 Cup, avec des performances homogènes qui promettent un spectacle intense. Le Berlinetta Challenge convoquera quatre générations de Ferrari Challenge 348, 355, 360 et 430 dans un esprit fidèle à l’origine de la compétition, où le talent du pilote prime sur la technique.
Le GT3 Revival Series, soutenu par SRO Motorsports Group, mettra en lumière la première décennie de la catégorie GT3, avec des voitures produites entre 2006 et 2013. Un plateau déjà présent au GT World Challenge et à Spa Classic, ce qui lui confère une véritable dimension internationale.
Enfin, grande nouveauté de cette édition, le plateau HSR NASCAR Classic by Goodyear débarque pour la première fois en Europe. Présenté par Historic Sportscar Racing (HSR), il s’inscrit dans la commémoration des 50 ans de la première apparition de la NASCAR aux 24 Heures du Mans, en 1976. Un clin d’œil fort entre les deux cultures du sport automobile, américaine et européenne.
Les inscriptions sont encore ouvertes
Il est important de préciser que le Le Mans Classic Legend s’intègre dans la Le Mans Classic Series, ce qui implique que certains véhicules engagés n’ont pas nécessairement couru aux 24 Heures du Mans en période. Ces derniers feront l’objet d’un classement distinct et sont clairement identifiés dans la liste officielle, une façon d’élargir le spectre sans trahir l’esprit historique de l’événement.
Les inscriptions restent ouvertes pour les concurrents souhaitant rejoindre l’un ou plusieurs des plateaux. Toutes les informations sont disponibles sur le site officiel : lemansclassic.com