Rétromobile 2026 : le cadre d’une vente historique
Rétromobile, qui célébrait cette année ses 50 ans d’existence, reste l’un des rendez-vous incontournables du monde de la voiture ancienne en Europe. Organisé au Parc des Expositions de Paris du 28 janvier au 1er février 2026, le salon attire chaque édition des centaines de milliers de visiteurs et des collectionneurs venus du monde entier.
En parallèle du salon, plusieurs maisons d’enchères tiennent leurs ventes parisiennes, profitant de la concentration de fins connaisseurs présents sur la capitale. RM Sotheby’s, qui fêtait la 13e édition de sa vente de Paris, a choisi comme à l’accoutumée les Salles du Carrousel du Louvre, un cadre à la mesure de la qualité des véhicules présentés. Cette vente a résulté en un chiffre d’affaires total conséquent, avec plusieurs lots Ferrari atteignant des prix bien au-delà des estimations initiales.
La voiture : un troisième exemplaire sur 56 produits
Le lot en question est une Ferrari 250 GT à empattement court, version California Spider, carrossée par Scaglietti et assemblée en septembre 1960 à Maranello. Son numéro de châssis, 1915 GT, lui confère une place particulièrement remarquable dans l’histoire du modèle : selon les recherches du spécialiste Ferrari Marcel Massini et de l’historien français Cyrille Jaquinot, il s’agit du troisième exemplaire à empattement court jamais construit, parmi les 56 voitures produites dans cette configuration.
La California Spider à empattement court représente une évolution significative par rapport à sa version à empattement long. Présentée au Salon de Genève en 1960, elle offrait une voie plus large, des amortisseurs télescopiques Koni, des freins à disque aux quatre roues et la dernière évolution du moteur V-12 « short-block » de Ferrari. Cette rareté de production, combinée à une forme esthétique qui reste aujourd’hui considérée comme l’une des plus réussies jamais produites par Maranello, explique en grande partie les prix astronomiques que ces véhicules atteignent lors des ventes internationales.
Ce qui rend l’exemplaire 1915 GT encore plus convoité, c’est le fait qu’il soit l’un des 39 California Spider à empattement court équipés d’origine de phares carénés. Cette spécification, plus rare encore que la production globale du modèle ne pourrait le suggérer, a été confirmée par une analyse métallurgique approfondie de 91 pages menée par l’ingénieur Klaus Kukuk en 2025, en collaboration avec deux experts en métallurgie et un représentant de Ferrari Classiche.

Une provenance documentée sur plus de 60 ans
L’histoire de cette Ferrari est particulièrement bien retracée. Livrée neuve au concessionnaire Ferrari Franco Britannic Autos à Levallois-Perret en octobre 1960, elle a été vendue à un industriel alsacien, M. Pierre Liechti. Elle a ensuite changé de mains à plusieurs reprises au fil des décennies, passant par une dizaine de propriétaires en France avant d’être acquise vers 1977 par M. Guido Bartolomeo, résident de Villemaréchal. Ce dernier a conservé la voiture dans son garage pendant de nombreuses années, la préservant dans un état relativement bien conservé.
En février 1996, la Ferrari a été vendue à un collectionneur allemand averti, qui a fait de cette voiture l’un des joyaux de sa collection. Il a confié le véhicule à la carrozzeria Campana Onorio à Modène pour une restauration complète sur deux ans, puis a préservé la voiture avec soin pendant trois décennies.
Cette chaîne de propriétaires bien documentée, accompagnée de fiches de production d’origine, de rapports historiques détaillés et de la certification Ferrari Classiche « Red Book », constitue un dossier de provenance exemplaire, un élément déterminant pour les collectionneurs lorsqu’il s’agit de voitures aussi rares.
La certification Ferrari Classiche et l’intégrité de l’exemplaire
En 2008, la voiture a reçu sa première certification Ferrari Classiche « Red Book », confirmant la présence du moteur, du train arrière et de la carrosserie à numéros concordants. Cette certification a été réémise en novembre 2025, juste avant la mise en vente, réconfirmant l’ensemble de ces éléments ainsi que l’authenticité de la version à phares carénés.
De plus, l’acquéreur aura reçu un moteur de rechange de 3,8 litres, réalisé par le spécialiste Piet Roelofs en 2019, ainsi que les quatre roues à rayons Borrani d’origine. Ces éléments supplémentaires renforcent encore la valeur de ce lot.
Un résultat qui s’inscrit dans une tendance forte
Le prix final de 14 067 500 euros place cette Ferrari parmi les dix California Spider à avoir été vendue dans la fourchette de 15 à 20 millions de dollars lors de ventes publiques internationales. Ce résultat illustre une tendance observée depuis plusieurs années sur le marché des voitures de collection : les Ferrari classiques, et plus particulièrement les exemplaires à faible production avec une provenance irréprochable, continuent de voir leur valeur progresser de manière significative.
Cette vente RM Sotheby’s Paris 2026 ne s’est pas limitée à cette seule transaction remarquable. Plusieurs autres Ferrari ont également attiré l’attention des collectionneurs, notamment une Ferrari Enzo de 2004 adjugée à 8 105 000 euros et une Ferrari F50 de 1997 vendue à 7 598 750 euros, confirmant l’appétit soutenu du marché pour les véhicules emblématiques de la marque italienne.